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Dossier spéciaux

Accusé d’antisémitisme, Gary Oldman présente ses excuses

Une association de lutte contre l’antisémitisme s’est élevée mardi contre des propos de Gary Oldman. Dans une interview, l’acteur a défendu Mel Gibson, mis au ban en 2006 après avoir tenu des propos jugés antisémites. Mercredi, il a présenté ses excuses, sans faire retomber la polémique.
Arrêté pour conduite en état d’ivresse, Mel Gibson avait copieusement insulté un policier, affirmant que les juifs étaient responsables de toutes les guerres de l’histoire. L’acteur avait présenté ses excuses, mais avait été condamné à trois ans de mise à l’épreuve et 1.300 dollars d’amende.
Gary Oldman fustige le politiquement correct« Le politiquement correct, c’est de la connerie », dit Gary Oldman, 56 ans, à propos de cette histoire. Mel Gibson « était saoul et il a dit des choses, mais on a tous dit ce genre de choses. On est tous de sacrés hypocrites. Voilà ce que j’en pense. Est-ce que le policier qui l’a arrêté n’a jamais utilisé le mot de ‘nègre’ ou de ‘putain de juif’ ? », a déclaré l’acteur à Playboy, en pleine propomtion de l’ »Affrontement », la suite de « La Planète des singes ».

Plus loin, Gary Oldman ajoute : « Mel Gibson habite une ville tenue par les juifs et il a dit ce qu’il ne fallait pas, car il a mordu la main qui le nourrissait. »

L’Anti-Defamation League, une association de lutte contre l’antisémitisme, a déploré cette sortie de l’acteur qui « devrait faire mieux que répéter la vieille rhétorique antisémite sur le contrôle d’Hollywood par les juifs ».

L’Anti-Defamation League dénonce des propos haineux

« La mise au ban de Mel Gibson à Hollywood n’a pas été la conséquence d’une attitude politiquement incorrecte », a déclaré le directeur de cette association Abraham Foxman. « Mais plutôt de l’intolérance et du caractère haineux » de Mel Gibson, a-t-il fait valoir.

Le rabbin Marvin Hier, fondateur du Centre Simon-Wiesenthal, a ajouté : « Gary Oldman veut que les juifs oublient les propos de Mel Gibson. » Et de conclure : « Mais ce que Gibson a dit n’est autre que le slogan d’Adolf Hitler qui a tué six millions de juifs », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Cela n’a rien à voir avec le politiquement incorrect. »

Gary Oldman s’excuse

Gary Oldman a présenté ses excuses à la communauté juive pour avoir affirmé qu’ »Hollywood était tenu par les juifs », un mea culpa jugé mercredi insuffisant par l’Anti-defamation league (ADL).L’acteur a exprimé ses « remords » dans une lettre adressée au Centre Simon-Wiesenthal et à l’ADL pour ses propos « blessants à l’égard de nombreux juifs ». Dans sa lettre, le Britannique dit encore : « J’espère que vous croirez en la sincérité de mes excuses. J’ai une énorme affinité personnelle pour les juifs en général et particulièrement pour ceux présents dans ma vie. Le peuple juif, persécuté à travers les âges, a été le premier à entendre la voix de Dieu et est certainement le peuple choisi ».

Le directeur de l’ADL, Abraham Foxman, a estimé que ces excuses n’étaient pas suffisantes étant donné la portée de ces propos : « Qu’elles le veuillent ou non, les célébrités sont de vrais modèles et elle portent une responsabilité surdimensionnée pour leurs propos et leurs actes (…) Oldman doit clairement indiquer non seulement auprès de la communauté juive mais aussi de ses fans que ses propos reposaient sur des notions blessantes et, pour cette raison, inacceptables. »

Si seulement c’était «bon débarras»…

Malgré sa récente démission du Conseil national, le vieux monsieur n’a pas fini de nuire à la Suisse en attaquant insidieusement et au coeur nos institutions. A peine claquée la porte du parlement, le Zurichois se retourne pour mieux attaquer ce lieu qui représente le peuple: les parlementaires brasseraient de l’air en passant leur temps à légitimer leur absurde existence à coup de rapports et de voyages inutiles. Du populisme pur!

Dommage que ce chantre des économies ait eu besoin de 27 ans sous la coupole pour aboutir à ce constat. Quelle inélégance: non seulement le rat quitte le navire, en plus il essaie de le couler! Le vice-président de l’UDC dénonce la professionnalisation du parlement et brandit une initiative populaire visant à réduire les indemnités à 50’000 francs par an et supprimer les commissions permanentes.

Notre travail devenant toujours plus complexe et exigeant, l’idée est simplement aberrante. La Suisse ferait mieux de se préoccuper de son service public, dont le rôle consiste notamment à soutenir le bon fonctionnement des institutions et par là la cohésion sociale. Je veux parler de l’administration fédérale et de son personnel, dont je défends les intérêts. C’est grâce à ce personnel que nos institutions - gouvernement avec son administration, parlement et tribunaux – peuvent fonctionner. Oui, la démocratie a un coût….Préférez-vous essayer la dictature?

Ce qui me chiffonne, c’est ce discours empli de haine et de mépris, qui semble trouver un écho auprès d’une frange non négligeable de la population. C’est le résultat de plusieurs décennies de néolibéralisme à outrance: à force de considérer que le seul progrès véritable est économique, à force de laisser des entrepreneurs devenir milliardaires souvent en exploitant des travailleurs et travailleuses auxquels les fruits de la croissance restent interdits, le néolibéralisme produit de l’exclusion et développe chez beaucoup le sentiment d’être des laissés pour compte de la société. Le néolibéralisme n’en finit pas de faire des dégâts, et sur ce terreau fertile s’épanouit le populisme de certains politiciens.

Les partis qui auparavant soutenaient l’Etat en se plaçant au centre de l’échiquier politique s’engouffrent désormais dans la brèche ouverte par le vieux monsieur. C’est navrant, car ce suivisme nuit fortement à notre démocratie. Pour la première fois en décembre dernier, ces partis ont soutenu la demande complètement farfelue de couper linéairement dans le budget du personnel de la Confédération, une mesure supplémentaire pour affaiblir le service public.

En apprenant la démission du National de cette calamité pour notre démocratie, j’ai eu envie de dire «bon débarras». Mais malheureusement comme le soulignent les médias, sa capacité de nuisance n’a jamais été aussi grande. Désormais, il va mettre ses milliards de francs pour lutter contre «l’adhésion rampante à l’Union européenne», alors que le conseil fédéral trime pour réparer les dégâts consécutifs à l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse. Serait-ce le signe que finalement l’argent régit la politique, qu’il suffit d’avoir des milliards pour avoir voix au chapitre et qu’on peut se passer d’une légitimité politique via une élection par peuple?

Ne nous trompons pas d’ennemi: le problème dans notre pays n’est pas le parlement qui essaie de travailler sérieusement pour l’intérêt général. L’enjeu, c’est la défense du respect mutuel et de la cohésion sociale. Aujourd’hui, il est vital de lutter tous ensemble contre ce populisme.

 

Source : http://politblog.24heures.ch/blog/index.php/26313/das-w-re-ja-sch-n-wenn-man-ihn-los-w-re/?lang=fr

Initiatives populaires, quand la forme l’emporte sur le fond

Initiatives populaires, quand la forme l’emporte sur le fond

«Contre les rémunérations abusives», «pour le renvoi des étrangers criminels», «pour l’imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine»… En politique, l’art de la formule qui frappe la cible en plein cœur dispute la vedette à la rhétorique. Les concepteurs d’initiatives populaires, partis et citoyens confondus, l’ont bien compris. Car si l’énoncé seul ne porte pas un texte à la victoire, il y contribue. En quelles proportions? «Il n’existe pas d’étude détaillée sur ce point», relève Oscar Mazzoleni, politologue à l’université de Lausanne. Pas de recette, donc,  pour une formulation qui parviendra à conquérir la majorité des citoyens, mais des ingrédients qui permettent à la sauce de prendre.

«Il faut un titre accrocheur, un slogan qui soit capable d’attirer l’attention, de polariser et de rassembler», relève le politologue lausannois. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si sur les 191 initiatives qui ont fait l’objet d’une votation entre 1848 et 2014, le titre de 84 d’entre elles s’amorce par un «pour». Un «pour» comme un pas en avant positif, visant à fédérer le plus grand nombre, un «pour» qui à la première lecture est difficile à contrer. De prime abord qui ne se positionnerait pas «pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants», «pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires», «pour des aliments produits sans manipulations génétiques»? «Plus l’initiative arrive à entrer en phase avec un sens commun largement partagé par la population, plus elle a de chances d’engranger un bon score», analyse Oscar Mazzoleni.

Dans ce subtil jeu de langage où les mots pèsent lourds, tous les coups sont-ils permis ?

Une bonne forme et ça passe sur le fond. Certes comme le souligne la députée libérale-radicale Isabelle Moret, membre de la commission des institutions politiques, «les gens ne votent pas sur le titre, ils prennent la peine de creuser, de se renseigner». Oui, mais comme un titre d’article efficace captive l’attention du lecteur (du moins pour quelques lignes), un énoncé incisif attire le citoyen.

Dans ce subtil jeu de langage où les mots pèsent lourds, tous les coups sont-ils permis ? La Chancellerie fédérale explique qu’elle «ne communique jamais sur cette phase confidentielle  dans le processus de l’examen préliminaire d’une initiative». A part le fait que le titre de l’initiative «ne doit pas induire en erreur, ni prêter à confusion, ni contenir des éléments de publicité commerciale ou personnelle», les critères d’appréciation restent un mystère. Mais selon Isabelle Moret, «la vérification est extrêmement formelle», la chancellerie ne s’arrêtant pas vraiment sur le titre. Un problème, lorsque l’emballage ne correspond pas au contenu et que l’intérieur du paquet ressemble à une mauvaise surprise.

L’initiative contre l’immigration de masse, acceptée le 9 février dernier, a illustré ce principe du Kinder. Sous un intitulé racoleur cristallisant la claustrophobie territoriale, elle ne dévoilait pas ses aboutissants. Et dans l’œuf se dissimulait un cadeau désuet impossible à monter sans dégâts. «Dans notre société d’hypercommunication, les initiatives qui cherchent à exploiter l’indignation en discriminant un petit groupe de la population fleurissent, remarque le conseiller national socialiste Roger Nordmann. Il y a une instrumentalisation. Par contre, les initiatives constructives sur des problèmes complexes sont faciles à faire échouer. Il existe un vrai souci de dégénérescence de cet outil démocratique.» Attention, comme le diablotin jaillit une fois la boîte ouverte, les  vraies questions sautent aux yeux une fois le ruban émotionnel dénoué.